Une réponse à la dépendance pétrolière
 
Les énergies fossiles ne sont pas éternelles. Préparer l’après-pétrole constitue dès maintenant une nécessité, car dans 50 ans, si nous poursuivons la croissance actuelle de notre consommation de pétrole, le monde que nous laisserons à nos enfants aura passablement réduit ses ressources d'énergie fossile et la température moyenne du globe aura augmenté de 5 à 7°C par effet de serre. De nouveaux conflits auront éclaté pour le partage du reliquat de réserves pétrolières et des dizaines de millions de personnes n'auront plus aucun accès à l'eau douce du fait du réchauffement de la planète.
Deux filières seulement peuvent suppléer cette dépendance pétrolière : le nucléaire et les énergies renouvelables. La production nucléaire ne croit que de 2,4 % par an dans le monde, même si l’on peut escompter un retour nécessaire à une croissance plus forte, en revanche, parmi les énergies renouvelables, l'éolien se distingue par sa croissance, la plus importante de toutes les filières de production d'électricité (25% par an en 2003 dans le monde) : Le marché de l'éolien double tous les 4 ans.
 
Le protocole de Kyoto
 
Le Protocole de Kyoto signés en 1997 et confirmé au sommet de la Terre de Johannesburg en 2002 engage chaque pays de l’Union Européenne à réduire ses émissions de gaz à effet de serre en 2012 de 8% par rapport à leurs niveaux de 1990.
Ils se sont collectivement engagés à prendre des mesures de précaution pour prévoir, prévenir ou atténuer les causes des changements climatiques et en limiter les effets néfastes. Concrètement, tous les pays ont l'obligation de publier des inventaires de leurs émissions de gaz à effet de serre, d'établir, de mettre en œuvre et de publier des programmes nationaux contenant des mesures visant à atténuer les changements climatiques.
Le protocole de Kyoto va plus loin car il propose un calendrier de réduction des émissions des gaz à effet de serre qui sont considérés comme la cause principale du réchauffement climatique des cinquante dernières années.
 
La directive européenne
 
La directive européenne 2001/77/EC fixe des objectifs d’augmentation de la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité des Etats Membres, et un calendrier de mise en place de quotas obligatoires par pays, à partir de 2006.
Afin d’appliquer cette directive, chacun a mis en place une réglementation destinée à favoriser la consommation et la production d’électricité d’origine renouvelable (par exemple, la législation française vise un objectif de 10.000 MW d’éolien en France en 2010, soit une croissance du marché de 70% par an d’ici là).
Dans les pays sélectionnés par Eolfi, ces mesures incluent systématiquement une obligation d’achat de toute la production des parcs éoliens pendant des périodes longues (15 à 20 ans suivant les pays), à prix réglementés.
Enfin, le secteur de l’énergie éolienne est éligible à un certain nombre de traitements fiscaux favorables pouvant augmenter de 30% le TRI (taux de rentabilité) des parcs du fonds, notamment la possibilité d’amortir les installations de production de manière accélérée sur 12 mois.

 

Le Permis d’émission de CO2
 
Une des pièces maîtresses du dispositif de Kyoto est la création de la Bourse Européenne du CO2 à partir du 1er Janvier 2005. Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, les accords de Kyoto signés en 1997 engagent l’Europe à baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 8 % entre 1990 et 2010. Une des pièces maîtresses du dispositif est la création de la Bourse Européenne du CO2 à partir du 1er Janvier 2005.
En pratique, soit les entreprises remplissent leurs obligations en réduisant à moindre coût les rejets polluants, notamment en améliorant leurs technologies, soit elles achètent des quotas d’émissions à celles qui auront fait mieux, soit elles subiront une pénalité de 40 euros par tonne d’équivalent CO2 émise en trop (pénalité qui passera à 100 Euros entre 2008 et 2012) : Le prix fort, sachant que les modèles économiques tablent sur un prix se situant entre 10 et 15 Euros la tonne de CO2 sur ce futur marché.
La directive Européenne du 22 Juillet 2003 a fixé les règles du jeu, mais chaque pays doit préciser son Plan National d’Allocation de Quotas de CO2 (PNAQ). Ainsi chaque site industriel (et non chaque entreprise) va recevoir gratuitement de l’Etat une allocation de quotas correspondant à son autorisation d’émettre. Au cours d’une première période (2005-2007), le seul gaz à effet de serre concerné est le CO2 (La chimie et l’agroalimentaire y échappent).
La France est pointée du doigt suite à son retard pour la présentation de son plan, et plus généralement pour son laxisme et ses interprétations restrictives de la directive. Néanmoins entre 700 et 1450 installations industrielles seraient concernées (2300 en Allemagne et 1500 en Grande Bretagne). Les secteurs les plus pollueurs étant la métallurgie, la cimenterie, la verrerie, la céramique, la pâte à papier et les énergies. Les enveloppes globales actuelles varient entre 113 et 129 Millions de tonnes de CO2 rejetées par an, contre 109 Millions de tonnes en 2002, et 116 Millions en 1990.
Les industriels européens manifestent leur mécontentement face à la mise en place de ces quotas car ils estiment que ceux-ci risquent d’instaurer une distorsion de concurrence avec les groupes étrangers. Les Etats-Unis ayant rejeté le protocole de Kyoto (ce qui tend à évoluer), les autres signataires ne sont pas tenus de le respecter. Ainsi certains groupes menacent de reporter leurs investissements alors que le sidérurgiste Arcelor a même déposé un recours devant la Cour de justice de Luxembourg contre cette directive !
 
Les certificats verts (R.E.C.S : Renewable Energy Certificate System)
 
Les marchés de certificats verts apparaissent aujourd’hui comme l’instrument de soutien au développement de l’électricité verte le plus adapté à la constitution de marchés électriques libéralisés.
La Directive européenne 2001/77/CE du 27 septembre 2001 relative à la promotion de l'électricité produite à partir de sources d'énergie renouvelables (SER) sur le marché intérieur de l'électricité, fixe aux Etats Membres des objectifs de développement ambitieux puisqu’elle vise à augmenter de 8% la contribution de ces dernières pour atteindre 22% de la consommation totale d’électricité au sein de l’UE en 2010 (La France s’est engagée à passer de 15 à 21%).Les moyens à mettre en œuvre pour réaliser ces objectifs ont été laissés à l’appréciation des Etats, par ailleurs cette directive fixe aux pays membres des pourcentages de consommation et non de production.
Parmi ces instruments, les marchés de certificats verts apparaissent aujourd’hui comme l’instrument de soutien au développement de l’électricité verte le plus adapté à la constitution de marchés électriques libéralisés.
Un certificat vert correspond à une « preuve » attestant que l’électricité qui a été injectée sur le réseau par un producteur est bien d’origine renouvelable. Ce certificat prend la forme d’un document (papier ou électronique) qui contient des informations sur l’opérateur et son installation : raison sociale, adresse des l’exploitants, localisation de l’installation, capacité, date de mise en service, technologie, filière mise en œuvre, soutien financier éventuellement perçu. Un certificat est délivré par un organisme compétent, l’institut d’émission, à chaque fois qu’un MWh d’électricité est produit à partir d’énergie renouvelable.
Quatre pays européens ont aujourd’hui mis en place un système autour des certificats verts : les Pays-Bas, l’Italie, la Belgique et l’Angleterre.
 
L’obligation d’achat par EDF
 
La Loi du 10 février 2000 fait obligation à l’EDF d’acheter pendant 15 ans la production électrique des parcs éoliens en France selon un barème défini. Lorsqu’une demande complète et valide est reçue par EDF, obligation lui est faite de signer un contrat d’obligation d’achat dont les principaux paramètres sont :
 
• Durée : 15 ans (renouvelable)
• Prix de base de 8,20 centimes € / kWh (depuis juillet 2006) :
  - Pendant les 5 premières années d’exploitation du parc : constant
  - Pendant les 10 années suivantes : en fonction du productible de référence (quotient entre la production moyenne des 3 années médianes (constaté pendant les 5 premières années d’exploitation) et de la puissance de l’installation.

 

La croissance du marché Français
 
Fortement devancée par ses grands voisins, la France figure encore parmi les pays émergents dans le secteur de l’éolien en Europe. Le marché français, en croissance constante depuis 2002, marche dans les pas du marché allemand avec un décalage de 10 ans.
Alors que ce dernier atteint aujourd’hui les 20.000 MW, la France n’est, elle, qu’à la 8ème place européenne avec un peu plus de 2 GW répartis sur plus de 150 parcs éoliens.
L’objectif gouvernemental Français est d’atteindre les 10.000 MW en 2010.
 
En Europe
 
Une fois n’est pas coutume, l’Europe domine ce marché en forte croissance, sous l’effet de politiques industrielles volontaristes et d’une façade maritime importante. Les 48.000 MW de capacité éolienne en Europe couvrent 4.1% des besoins totaux en électricité domestiques de l’Union Européenne (60 millions de citoyens). L’éolien est la source de production électrique qui croît le plus rapidement dans le monde, avec une poussée plus forte encore en Europe. On pense que 10% de l’électricité consommée en Europe sera d’origine éolienne dans 20 ans.

 

 

A noter que le Danemark, très en avance, table sur une proportion de 40%, notamment grâce au développement de l’offshore et à sa politique favorisant le remplacement des éoliennes de plus de 10 ans (donc de faible puissance). Il a confirmé la relance de l’éolien amorcée en 2002, avec plus de 3.000 MW installés fin 2006 et confirmé, ainsi, sont statut de première puissance éolienne offshore (400 MW installés).
L’Union Européenne reste de très loin le premier marché de l’énergie éolienne dans le monde. Et ce marché se développe très rapidement en gagnant, notamment, les pays de l’Europe de l’Est. Ainsi, de nouveaux développeurs sont apparus en Grèce, en Pologne, en Slovaquie, … où de nombreux parcs se construisent.
 
Dans le Monde
 
Parmi les différentes filières de production d’électricité, l’éolien est celle à plus forte croissance dans le monde et en Europe depuis dix ans.


 

En croissance constante, le marché de l’éolien atteint aujourd’hui une capacité de 58.000 MW dans le monde, soit l’équivalent de presque 40 réacteurs nucléaires de dernière génération.

 

La construction d’un parc d’éoliennes se décompose en 3 phases :
 
Développement
 
Cette phase consiste à :
1) Effectuer les études de vent et concevoir le parc,
2) Sécuriser le foncier, négocier les autorisations administratives, déposer et obtenir les permis de construire,
3) Signer avec EDF (ou équivalent) un contrat de 15 ans minimum avec un engagement d’achat de la totalité de la production à un prix réglementé et connu à la signature.
 
Les études préalables de vent sont fondamentales pour prévoir la productivité du parc. Elles sont réalisées par plusieurs experts et contre experts indépendants sur une période de 1 an minimum sur le site, et sont ensuite corrélées à des mesures réalisées depuis plusieurs dizaines d’années par les agences Météo nationales sur des sites proches.
 
Construction
 
La phase de construction dure environ 8 à 12 mois.
Un parc moyen est constitué de 6 à 15 éoliennes (la capacité moyenne d’une éolienne est de l’ordre de 2 MW).
Les éoliennes sont construites par des fabricants tels que General Electric, Siemens ou Vestas, et leur durée de vie minimum est de 20 ans.
Elles bénéficient d’une garantie du constructeur pour une durée de 5 ans minimum extensible à 12 ans (un taux de disponibilité de l’ordre de 97% est garanti par le constructeur pendant la période de garantie).
Le parc est construit par un maître d’œuvre de premier rang sous le contrôle d’un maître d’ouvrage délégué réputé.
 
Exploitation
 
La totalité de la production d’électricité est achetée de manière obligatoire par la compagnie d’électricité selon le tarif réglementaire défini contractuellement pour 15 à 20 ans suivant les pays
 
L’exploitation est réalisée dans le cadre d’un contrat de 5 à 12 ans auprès d’un grand opérateur industriels. Les développeurs et les fabricants de machines proposent systématiquement ce service.

 

 

Par définition, une éolienne ne peut être qu'écologique. Son fonctionnement est on ne peut plus naturel : pas d'émission de gaz ni de particules, pas de déchet, pas d'effluent, aucun rejet, respect complet de la qualité de l'air, bref, l'énergie propre par excellence !
 
Bruit
 
Les éoliennes sont-elles bruyantes ?
La loi précise que l’éolienne ne doit pas augmenter le bruit ambiant de plus de 5 décibels la journée et 3 dB la nuit. Les progrès réalisés ont contribué à réduire le bruit des éoliennes souvent inférieur à 55 décibels au pied de la machine. La vitesse de rotation des éoliennes est volontairement réduite lorsque le vent est faible, afin de limiter le bruit d'origine aérodynamique. Le bruit n'augmente pas avec la puissance des éoliennes car, d'une part, l'accroissement en taille s'est doublé ces dernières années d'améliorations technologiques (optimisation du profil des pales et maîtrise des bruits mécaniques grâce à des structures d’engrenages de précision et des arbres de rotors montés sur coussinets) et d'autre part, tout simplement par une vitesse de rotation des pales moindre avec l'augmentation de la taille du rotor. Pour limiter les risques, on établira systématiquement une étude d’impact et d’opinion, et on préconisera l'installation des éoliennes à au moins 500 mètres des habitations, distance à laquelle le bruit n’est quasiment plus perceptible.
 
Paysage
 
Comment intégrer une éolienne dans le paysage ?
A l'image du château fort ou du viaduc, l'éolienne peut devenir un ouvrage d'art. La taille des éoliennes justifie qu’elles soient localisées hors des paysages touristiques, emblématiques ou classés. Eolfi s’engage à respecter cette contrainte et à favoriser leur implantation, soit dans des zones désertiques, soit dans des zones industrialisées. Le démontage des éoliennes en fin de vie est systématiquement provisionné dans les comptes du fonds.
Par le jeu des couleurs, de leur harmonie, de leur taille, on cherchera à les harmoniser avec des formes existantes : côtes, végétation, ligne de crêtes, ... Si l'on cherche à les rendre invisibles dans certains endroits protégés, il faudra choisir leur implantation en fonction des angles de visibilité à différentes distances.
Une étude paysagère est généralement menée en concertation avec les populations concernées. Une éolienne dans un paysage peut être un symbole de modernité, de respect de l’environnement, de mise en valeur des ressources naturelles. Elle peut même devenir un centre d’intérêt pour les touristes.
En tout état de cause, depuis la Loi du 3/01/2003, pour constituer le permis de construire, une Etude d’Impact est nécessaire pour tout projet au-dessus de 2,5 MW, et une enquête publique obligatoire pour toute construction supérieure à 25 m. L’étude d’impact comprend une analyse paysagère du site et une étude de l’insertion du projet dans l’environnement (paysage, eau, faune, santé, …). Tous les documents sur l’intégration paysagère (photos montages, plans, simulations, …) doivent figurer dans l’étude d’impact.
Si on le souhaite, l’éolienne peut se retirer aussi discrètement qu’elle est arrivée et qu’elle a vécu : démontage et transport faciles, remise en état très rapide du site compte tenu de la faible emprise au sol. Comparée à des installations dont le démantèlement implique des opérations longues et coûteuses, l’éolienne présente un bilan écologique favorable.
 
Réception de la télévision
 
Les éoliennes peuvent-elles gêner la réception des programmes de radio ou de télévision ?
Pas question de brouiller vos émissions favorites. Pour prévenir toute perturbation des ondes radio, l'Agence Nationale des Fréquences est chargée de la répartition des fréquences et de la gestion des servitudes radioélectriques sur l'ensemble du territoire français. L'installation d'une éolienne tient compte des servitudes radioélectriques liées au site. La carte des servitudes étant par précaution établie de façon très large, un projet d'éolienne situé dans une zone où existe une servitude n'est pas forcément irréalisable. Une étude locale plus fine peut conduire à l'autorisation de construction. Mais il convient de s'en préoccuper dès le lancement du projet, car la procédure est parfois longue.
 
Oiseaux
 
Les éoliennes sont-elles dangereuses pour les oiseaux ?
Chaque projet d'implantation d'éoliennes s'étudie avec des spécialistes ornithologues de la ligue pour la protection des oiseaux notamment. Depuis une dizaine d'années, de nombreuses études ornithologiques se sont attachées à évaluer l'impact de la présence des éoliennes sur l'avifaune. Il a ainsi été observé que cet impact était bien plus faible que celui de la circulation routière, des vitres ou des lignes électriques, car les éoliennes ont un mouvement lent qui les rend plus visible pour les oiseaux. Il est tout à fait possible de concevoir un parc éolien respectueux de l'avifaune en éloignant les éoliennes des falaises le long desquelles planent les rapaces ou en ménageant des couloirs entre certaines éoliennes, qui permettent aux oiseaux de traverser le site plus aisément.
Aux Pays-Bas, par exemple, une étude a montré que l’impact des éoliennes sur les oiseaux est 100 fois plus faible que celui des lignes électriques et 200 fois plus faible que celui de la circulation routière.

 

Assistera-t-on à l'avenir à un choix draconien des meilleurs sites pour optimiser la production des machines ou acceptera-t-on au contraire d'exploiter des gisements moyens tant le respect de l'environnement sera devenu essentiel ?
Les endroits ventés dans le monde ne manquent pas. Disons plutôt qu’il existe d’innombrables territoires pour lesquels l’éolien sera la meilleure chance d’accéder à l’énergie, dans les pays du Sud et les USA notamment. Il avait même été envisagé d'installer des machines en Sibérie ou en Terre de Feu, et même au Pôle Nord ! Ce sont des territoires vastes, balayés par des vents puissants et presque ininterrompus.
L’idéal en somme, pour installer un nombre illimité d’éoliennes !
 

Mais l’affaire se complique quand on aborde la question de la maintenance, sans parler des immenses câbles pour transporter l’électricité produite vers des zones habitées ? On assistera dans tous les cas à d’importants flux internationaux comme dans d’autres domaines de l’économie, qu’il s’agisse d’exportation d’énergie, d’équipements ou de savoir-faire.
Pour conclure, nous dirons que le secteur de la production d’électricité éolienne constitue une cible d’investissement dans le monde entier, exploitant une source d’énergie inépuisable, propre et participant au développement durable de la planète !

revenir en haut de la page