Revue de presse

Éolien flottant. Un bébé de 22 m en rade de Brest

Le Télégramme - Pierre Chapin

Publié le 20 avril 2018 à 19h35 Modifié le 20 avril 2018 à 20h49

Il ne s’agit que d’un démonstrateur, à l’échelle 1/10e, des géants de 220 mètres de haut qu’Eolink imagine pour demain. La petite entreprise brestoise compte bien prouver, d’ici septembre, que son modèle, original, est pertinent.

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On n’inaugure donc pas une éolienne flottante comme on baptise un bateau : pas de bouteille fracassée sur ses flancs, mais une simple caresse de la main d’un enfant. Une chouette image et un symbole : « On fait ça pour l’avenir », jure Marc Guyot, patron d’Eolink. L’avenir, l’ancien ingénieur motoriste de chez Renault s’y projette avec prudence. « On avance pas à pas, de façon pragmatique. Aujourd’hui, ce n’est qu’une étape de plus ». 

« Il n’y a qu’en France qu’on se pose des questions »

Depuis sa création, l’entreprise reste fidèle à son credo : ne pas totalement se fier aux projections numériques mais baliser chaque étape de son projet par des essais en conditions réelles. Après avoir testé un premier prototype à l’échelle 1/50e dans les bassins d’essai de l’Ifremer, elle va désormais observer un démonstrateur haut de 22 mètres, en mer, à Sainte-Anne du Portzic (Plouzané), toujours en partenariat avec l’Institut de recherche.

Structure inédite

Une prudence qui s’explique en partie par le pari technique de son projet. Ici, la machine présente un rotor énorme sur un petit flotteur et le mât unique est abandonné pour une structure pyramidale. « Cela permet de mieux répartir l’effort et de s’affranchir des problèmes vibratoires entre les pâles et le mât. Et donc d’augmenter plus facilement la taille de l’éolienne en gardant des coûts de fabrication raisonnables », assure Marc Guyot.Ce démonstrateur, réalisé grâce à une levée de fonds d’un million d’euros, va être testé jusqu’au mois de septembre prochain. L’enjeu : permettre à l’entreprise de prouver la pertinence de ces choix par des résultats expérimentaux, encore très rares sur ce marché naissant, et donc d’attirer de nouveaux investisseurs ou industriels.

Objectif : 2021

À terme, l’ambition d’Eolink est de produire un premier prototype, à l’échelle 1, capable de générer 12 Mégawatts, à l’horizon 2021. Car Marc Guyot demeure persuadé que l’éolien offshore a un avenir sur nos côtes : « C’est une source d’énergie massive et locale. Il n’y a qu’en France qu’on se pose des questions : en Europe du Nord ou en Asie, le marché explose ».Dans ce décor, Brest et son polder dédié aux énergies marines renouvelables (EMR) aurait une belle carte à jouer, selon l’entrepreneur. « Brest a un atout inouï : sa rade, qui permet de fabriquer et de faire transiter facilement les machines sur toute la façade atlantique. Et aussi une dynamique locale sur les EMR et l’expertise maritime : si on arrive à réunir toutes ces compétences, il est possible d’y faire quelque chose d’exceptionnel ».


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